mardi 8 mai 2018

Stuart Merrill (1863-1915), Ô Ma Dame des Pavots...

Ô ma dame des pavots
Si pâle en ta robe d’automne,
Pourquoi pleurer les renouveaux
Morts en ce fleuve monotone?

Tes rêves, au gré lent des eaux,
Voguent vers des mers moroses
Par où volèrent les oiseaux
Au pays des fleurs toujours roses.

Le chemin connu de nos pas
Se perd sous la nouvelle lune;
Ma Dame, ne sais-tu pas
Quel désir d’oubli m’importune?

Soyons les amants du sommeil
Au vent qui souffle sur les feuilles;
Oublions le nom du soleil
Sous les pavots que tu cueilles.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire