mardi 30 juin 2015

Henry Ward Ranger (1858-1916), Road Through an Open Landscape.


Henry Ward Ranger (1858-1916), Groton Long Point - 1910


Henry Ward Ranger (1858-1916), Oak Tree - 1895


Sanford Robinson Gifford (1823-1880), Mount Rainier, Bay of Tacoma, Puget Sound - 1875


Felix Heuberger (1888-1968), Abendstimmung am See - 1930


David Woodlock (1842-1929), Morning in Venice.


David Woodlock (1842-1929), Maud in the Park.


Emile Berchmans (1867-1947), Scène de Mythologie Grecque.


John Seymour Lucas (1849-1923),The Interval - 1905


John Reinhard Weguelin (1849-1927), Lady in Red - 1888


John Reinhard Weguelin (1849-1927), The Mermaid - 1906


Stepan Kolesnikov (1889 - 1955), Dans les Montagnes.


Sergei Ivanovich Vasilkovsky (1854-1917), Soir sur la Rivière.


Tadeusz Styka (1889 – 1954), Jeune Femme à la Harpe.


George Spencer Watson (1869–1934), The Fountain - 1900


Thomas Edwin Mostyn (1864-1930), Romance.


Thomas Edwin Mostyn (1864-1930), The Jeweled Box - 1900


Zoé-Laure de Chatillon (1826-1908), Jeanne d’Arc voue ses larmes à la Vierge - 1880


dimanche 28 juin 2015

Hubert von Herkomer (1849-1914), Hard Times.


Alfredo Ricci (1864-1889), Donna Clara, Illustration pour “Isaotta Guttadàuro ed altre poesie” de Gabriele D’Annunzio.


Gabriele D’Annunzio (1863-1938), Mélusine.

Elle regarde, assise, l’évanescente Mélusine
Se tenant la tête entre ses mains de cire,
Des bois lointains, la lune en croissant,
escalader vermeille le ciel de Palestine.
Du haut de la tour sarrasine,
elle rêve le destin des Lusignans;
et devant le triste rougeoiement des plaines
elle sent de sa fin l'heure prochaine.
Déjà, déjà, de visqueuses, longues et pâles écailles,
Elle voit se couvrir ses bras,
Ses bras qui étreignaient si doucement.
Sa face raidie scintille
Et sa langue fourchue appelle en vain
car dans son cœur arrive la froideur du serpent.

Giuseppe Cellini (1855-1940), Mélusine, Illustration pour “Isaotta Guttadàuro ed altre poesie” de Gabriele D’Annunzio.


Giuseppe Cellini (1855-1940), Donna Francesca, Illustration pour “Isaotta Guttadàuro ed altre poesie” de Gabriele D’Annunzio.


samedi 27 juin 2015

Jean Lorrain (1855-1906), Extrait de “La Princesse aux lys rouges” (l'Echo de Paris, 11 Juin 1894)

A la vesprée, la princesse Audovère sortait parfois hors de l'enceinte du cloître et se promenait à pas lents, escortée de deux rangs de processionnantes nonnes. Elle était sérieuse et pensive, comme accablée sous le poids d'un fier secret, et si pâle qu'on eût dit qu'elle allait bientôt mourir.

Une longue robe de laine blanche à l'ourlet brodé de larges trèfles d'or traînait sur ses pas, et un cercle d'argent ciselé assujettissait sur ses tempes un léger voile de gaze bleue ou s'atténuait la nuance de ses cheveux. Audovère était blonde comme le pollen des lys et le vermeil un peu pâli des vieux vases d'autel.

Et c'était là sa vie. Calme et le coeur empli d'une espérante joie, comme une autre eût attendu un retour de fiancé, elle attendait au cloître le retour de son père ; et c'était son passe-temps et ses plus douces pensées que de songer aux batailles, aux périls des armées et aux princes massacrés dont triomphait le roi.

Autour d'elle, en avril, les hauts talus se fleurissaient de primevères, ils s'ensanglantaient d'argile et de feuilles mortes à l'automne ; et, toujours froide et pâle dans sa robe de laine blanche bordée de trèfles d'or, en avril comme en octobre, en juin ardent comme en novembre, la princesse Audovère passait, toujours silencieuse, au pied des chênes roux ou verts.

L‘été, il lui arrivait parfois de tenir à la main de grands lys blancs poussés dans le jardin du cloître, et elle était si frêle et blanche elle-même qu'on eût dit qu'elle était leur soeur. En automne, c'étaient des digitales qu'elle tourmentait entre ses doigts, des digitales violacées cueillies dans l'orée des clairières ; et le rose malade de ses lèvres ressemblait à la pourpre vineuse des fleurs, et, chose étrange, elle n'effeuillait jamais les digitales, mais elle les baisait souvent, comme machinale, tandis que ses doigts semblaient prendre plaisir à déchiqueter les lys. Un sourire cruel entr'ouvrait alors sa bouche, et l'on eût dit qu'elle accomplissait quelque rite obscur correspondant à travers les espaces à quelque oeuvre lointaine, et c'était en effet (les peuples l'ont su plus tard) une cérémonie d'ombre et de sang.

A chaque geste de la princesse vierge étaient liées la souffrance et la mort d'un homme. Le vieux roi le savait bien. Il détenait loin des yeux, dans ce cloître ignoré, cette virginité funeste et la princesse complice le savait bien aussi : d'où son sourire, quand elle baisait les digitales ou déchirait les lys entre ses beaux doigts lents.

Chaque lys effeuillé était un corps de prince ou de jeune guerrier frappé dans la bataille, chaque digitale baisée une blessure ouverte, une plaie élargie livrant passage au sang des coeurs ; et la princesse Audovère ne comptait plus ses lointaines victoires. Depuis quatre ans qu'elle connaissait le charme, elle allait prodiguant ses baisers aux vénéneuses fleurs rouges, massacrant impitoyablement les beaux lys de candeur, donnant la mort dans un baiser, prenant la vie dans une étreinte, funèbre aide de camp et mystérieux bourreau du roi son père. Chaque soir le chapelain du couvent, un vieux barnabite aveugle recevait l'aveu de ses fautes et l'absolvait ; car les fautes des reines ne damnent que les peuples, et l'odeur des cadavres est un encens au pied du trône de Dieu.

Et la princesse Audovère n'avait ni remords ni tristesse.

Charles Baudelaire (1821-1867), in “Choix de maximes consolantes sur l'Amour”

Il y a des gens qui rougissent d'avoir aimé une femme, le jour qu'ils s'aperçoivent qu'elle est bête. Ceux-là sont des aliborons vaniteux, faits pour brouter les chardons les plus impurs de la création, ou les faveurs d'un bas-bleu. La bêtise est souvent l'ornement de la beauté ; c'est elle qui donne aux yeux cette limpidité morne des étangs noirâtres, et ce calme huileux des mers tropicales. La bêtise est toujours la conservation de la beauté ; elle éloigne les rides ; c'est un cosmétique divin qui préserve nos idoles des morsures que la pensée garde pour nous, vilains savants que nous sommes !

Hans Zatzka (1859-1945), Belle au Bois Dormant.


Gyárfás Jenő (1857-1925), Tetemrehívás - 1881




Csók István (1865-1961), Árvák.


Csók István (1865-1961), Szénagyűjtők.


János Vaszary (1867-1939), L’Âge d’Or - 1898


vendredi 26 juin 2015

John Collier (1850-1934), The Last Voyage of Henry Hudson - vers 1881


Briton Riviere (1840-1920), Beyond Man’s Footsteps - vers 1894.


Albert Goodwin (1845-1932), Ely Cathedral - 1908


Hercules Brabazon Brabazon (1821-1906), S. Giorgio and the Salute.


John Constable (1776-1837), Netley Abbey by Moonlight - 1833


Simeon Solomon (1840-1905), Study of Sappho - 1862


Walter Launt Palmer (1854 - 1932), Woodland Stream.


Frank Earle Schoonover (1877-1972), Illustration pour “Joan of Arc, The Warrior Maid” de L.F. Madison.


Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), Elizabeth Siddal Plaiting her Hair.


Aubrey Vincent Beardsley (1872-1898), Frederic Chopin - 1892


Dorothy Webster Hawksley (1884-1970), Summer.


Nico Jungman (1872-1935), La Violoniste Stefi Geyer.


Harold Speed (1872-1957), The Alcantara, Toledo, by Moonlight - 1894


Josef Sudek (1896-1976), Château de Prague depuis les jardins du Palais Lobkowicz - 1950′s


Gustav-Adolf Mossa (1883-1971), Persée - 1907


Josef Sudek (1896-1976), Hradcany, Prague, Soir - 1922/24


Josef Sudek (1896-1976), Soir d’Hiver à Prague avec vue sur la Façade Nord de la Cathédrale Saint Guy - 1942/46


Karel Vitezslav Masek (1865-1927), Jeune Fille au Flûteau - 1897


Karel Vitezslav Masek (1865-1927), La Prophétesse Libuse - 1893.


Maurice William Greiffenhagen (1862-1931), The Message - 1923


Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), The Loving Cup - 1867