mardi 29 septembre 2015

Gustave Doré (1832-1883), Le Succube, Illustration pour “Les Contes Drolatiques” d’Honoré de Balzac.


Johann Heinrich Füssli (1741-1825), Robin Goodfellow-Puck - 1787/90


Carl Gustav Carus (1789-1869), Faust im Gebirge - 1821


Carl Gustav Carus (1789-1869), Blick auf Dresden bei Sonnenuntergang - 1822


Edwin Austin Abbey (1852-1911), Desdemona.


Frederic Edwin Church (1826–1900), Cayambe - 1858


Jules Laforgue (1860-1887), Rêve.

Je ne puis m’endormir ; je songe, au bercement
De l’averse emplissant la nuit et le silence.
On dort, on aime, on joue. Oh ! par la Terre immense,
Est-il quelqu’un qui songe à moi, dans ce moment ?

Le Témoin éternel qui trône au firmament,
Me voit-il ? me sait-il ? Qui dira ce qu’il pense?
Tout est trop triste et sale. — À quoi bon l’Existence ?
Si ce Globe endormi gelait subitement ?

Si rien ne s’éveillait demain ! Oh ! quel grand rêve !
Plus qu’un stupide bloc sans mémoire et sans sève
Qui sent confusément le Soleil et le suit.

Les siècles passent. Nul n’est là. Pas d’autre bruit
Que le vent éternel et l’eau battant les grèves….
Rien qu’un Cercueil perdu qui flotte dans la Nuit.

Gérard d'Houville (Marie de Heredia, 1875-1963), Consolation

Ne vous plaignez pas trop d'avoir un coeur très sombre,
Vos yeux seront plus beaux quand vous aurez pleuré.
Il naîtra de vos pleurs, il va croître à votre ombre
Quelque lys inconnu qu'on n'a pas respiré.

Ne vous plaignez pas trop d'avoir été crédule
Et d'avoir cru sans fin ce qui ne vit qu'un jour,
Car vous comprendrez mieux le grave crépuscule
Qui saigne comme un coeur qu'a déchiré l'amour.

Ne vous plaignez pas trop de la douleur divine ;
Ceux-là qui sont heureux n'ont pas bien écouté
Le battement sacré dont s'enfle leur poitrine,
Ceux-là qui sont heureux, ils n'ont pas existé.

Ne vous plaignez pas trop de cette amère étude.
Vous contemplerez mieux ce qui passe et se perd…
Et vous saurez enfin, soeur de la solitude,
Goûter le soir qui meurt dans un jardin désert !

Edwin Austin Abbey (1852-1911), The Bridge - 1898


Edwin Austin Abbey (1852-1911), Fair is My Love - 1900


Jules Adolphe Aimé Louis Breton (1827-1906), Le Chant de l’Alouette - 1884


Francisco Goya (1746-1828), La Conjuration (Les Sorcières) - 1797/98


Caspar David Friedrich (1774-1840), Waldinneres bei Mondschein, vorne Leute bei hellem Feuer - 1823/30


Caspar David Friedrich (1774-1840), Gedächtnisbild für Johann Emanuel Bremer - 1817


Josef Kriehuber (1800-1876), Portrait de Franz Liszt - 1846


Robert Auer (1873–1952), Le Jour de Fête - 1897


Robert Auer (1873–1952).


Franz von Stuck (1863-1928), L'Expulsion du Paradis - vers 1890


Carl von Marr (1858-1936), Vierges au Crépuscule - 1911


Carl von Marr (1858-1936), Jeune Femme lisant dans la Lumière du Matin.


Carl von Marr (1858-1936), Mädchenbildnis.


Lucian Blaga (1895-1961), Je ne Piétine pas...

Je ne piétine pas la corolle de merveilles du monde
et je n'assasine point
de mes raisonnements les mystères que je croise
sur ma route,
dans les fleurs, dans les yeux, sur les lèvres ou sur les tombes.

La lumière des autres
étouffe le charme impénétrable qui se cache
au profonds des ténèbres,
mais moi,
moi avec ma lumière j'amplifie le mystère du monde -
comme les rayons blancs de la lune
n’éteignent point mais au contraire
avivent l'obscur frémissement de la nuit,
de même j'enrichis moi aussi l'horizon ténébreux
des vastes frissons du saint mystère
et tout l'incompris
devient incompréhension plus grande encore
sous mes yeux -
car j'aime
les fleurs, les yeux, les lèvres et les tombes.

Lucian Blaga (1895-1961), J’attends mon Crépuscule.

Voûte étoilée où nage mon regard -
et je sais qu'en mon âme aussi je porte
étoiles en myriades
et voies lactées,
merveilles des ténèbres.
Mais ne puis les voir,
j'ai tant de soleil en moi
que ne puis les voir.
J'attends que se couche mon jour
et que mon horizon ferme ses paupières,
j'attends mon crépuscule, nuit et douleur,
que s'enténèbre mon ciel tout entier
et qu'en moi se lèvent des étoiles,
mes étoiles,
que je n'ai encore
jamais vues.

Magnus Weidemann (1880-1967), Nordseeküste - 1919


Walter Moras (1856-1925), Winterliche Allee.


Adolf Chwala (1836-1900), Village et Lac au Crépuscule.


Adolf Chwala (1836-1900), Vue sur le Königsee.


Odilon Redon (1840-1916), Armure - 1891


George Richmond (1809-1896), Autoportrait - 1840


Gyula Eder (1875-1945), Salomé - 1907


Oscar Wilde (1854-1900), Salomé - 1891

Salomé:
A
h ! tu n’as pas voulu me laisser baiser ta bouche, Iokanaan. Eh bien ! je la baiserai maintenant. Je la mordrai avec mes dents comme on mord un fruit mûr. Oui, je baiserai ta bouche, Iokanaan. Je te l’ai dit, n’est-ce pas ? je te l’ai dit ? Eh bien ! je la baiserai maintenant… Mais pourquoi ne me regardes-tu pas, Iokanaan ? Tes yeux qui étaient si terribles, qui étaient si pleins de colère et de mépris, ils sont fermés maintenant. Pourquoi sont-ils fermés ? Ouvre tes yeux ! Soulève tes paupières, Iokanaan. Pourquoi ne me regardes-tu pas ? As-tu peur de moi, Iokanaan, que tu ne veux pas me regarder ?… Et ta langue qui était comme un serpent rouge dardant des poisons, elle ne remue plus, elle ne dit rien maintenant, Iokanaan, cette vipère rouge qui a vomi son venin sur moi. C’est étrange, n’est-ce pas ? Comment se fait-il que la vipère rouge ne remue plus ?… Tu n’as pas voulu de moi, Iokanaan. Tu m’as rejetée. Tu m’as dit des choses infâmes. Tu m’as traitée comme une courtisane, comme une prostituée, moi, Salomé, fille d’Hérodias, Princesse de Judée ! Eh bien, Iokanaan, moi je vis encore, mais toi tu es mort et ta tête m’appartient. Je puis en faire ce que je veux. Je puis la jeter aux chiens et aux oiseaux de l’air. Ce que laisseront les chiens, les oiseaux de l’air le mangeront… Ah ! Iokanaan, Iokanaan, tu as été le seul homme que j’aie aimé. Tous les autres hommes m’inspirent du dégoût. Mais, toi, tu étais beau. Ton corps était une colonne d’ivoire sur un socle d’argent. C’était un jardin plein de colombes et de lis d’argent. C’était une tour d’argent ornée de boucliers d’ivoire. Il n’y avait rien au monde d’aussi blanc que ton corps. Il n’y avait rien au monde d’aussi noir que tes cheveux. Dans le monde tout entier il n’y avait rien d’aussi rouge que ta bouche. Ta voix était un encensoir qui répandait d’étranges parfums, et quand je te regardais j’entendais une musique étrange ! Ah ! pourquoi ne m’as-tu pas regardée, Iokanaan ? Derrière tes mains et tes blasphèmes tu as caché ton visage. Tu as mis sur tes yeux le bandeau de celui qui veut voir son Dieu. Eh bien, tu l’as vu, ton Dieu, Iokanaan, mais moi, moi… tu ne m’as jamais vue. Si tu m’avais vue, tu m’aurais aimée. Moi, je t’ai vu, Iokanaan, et je t’ai aimé. Oh ! comme je t’ai aimé. Je t’aime encore, Iokanaan. Je n’aime que toi… J’ai soif de ta beauté. J’ai faim de ton corps. Et ni le vin, ni les fruits ne peuvent apaiser mon désir. Que ferai-je, Iokanaan, maintenant ? Ni les fleuves ni les grandes eaux, ne pourraient éteindre ma passion. J’étais une Princesse, tu m’as dédaignée. J’étais une vierge, tu m’as déflorée. J’étais chaste, tu as rempli mes veines de feu… Ah ! Ah ! pourquoi ne m’as-tu pas regardée, Iokanaan ? Si tu m’avais regardée, tu m’aurais aimée. Je sais bien que tu m’aurais aimée, et le mystère de l’amour est plus grand que le mystère de la mort. Il ne faut regarder que l’amour.
(…)
Ah ! j’ai baisé ta bouche, Iokanaan, j’ai baisé ta bouche. Il y avait une âcre saveur sur tes lèvres. Était-ce la saveur du sang ?… Mais peut-être est-ce la saveur de l’amour. On dit que l’amour a une âcre saveur… Mais, qu’importe ? Qu’importe ? J’ai baisé ta bouche, Iokanaan, j’ai baisé ta bouche.

Pedro Weingärtner (1853-1929), Pompeianas no Frigirarium - 1897


William Blake (1757-1827), The Blasphemer - 1800


William Blake (1757-1827), The Death of the Virgin - 1803


George Frederick Watts (1817-1904), Death Crowning Innocence - 1886/87


Victor Hugo (1802-1885), Le Pendu (”Ecce”)


Louis Anquetin (1861-1932), Le Pont des Arts.


dimanche 27 septembre 2015

Jervis McEntee (1828-1891), Autumn Lake Scene.


Ralph Albert Blakelock (1847-1919), Fire in the Sky.


Harrison Bird Brown (1831-1915), Storm Off Mount Desert, Coast of Maine.


James Fairman (1826–1904), Twilight on The Shore.


Ludwig Hermann (1812-1881), Sur le Rhin.


Alfred de Bréanski Sr. (1852-1928), Sunset by the Homestead.


Gerolamo Cairati (1860-1943), Une Femme Elégante - 1893


Karl Fredrik Nordström (1855-1923), Champ d’Avoine à Grez


Ivan Fedorovich Choultse (1877-1932), Sur les Berges au Crépuscule - 1923


samedi 26 septembre 2015

Charles Bertrand d'Entraygues (1851-1914), Un Concert dans la Salle de Classe.


Francesco Vinea (1845-1902), Le Printemps à Florence.


Thomas Moran (1837-1926), Moonlight. Icebergs in Mid Atlantic - 1910


Jerome Thompson (1814-1886), Riverbank in Bloom - 1865


Maxfield Parrish (1870-1966), Poet’s Dream, Illustration pour le Poème de John Milton, “L’Allegro”, publié dans “Century Magazine” - Décembre 1901


Robert Julian Onderdonk (1882-1922), A Hillside of Blue Bonnets- Early Morning, Near San Antonio Texas - 1916


Arkady Rylov (1870–1939), Coucher de Soleil - 1917


Arkady Rylov (1870–1939), La Nuit Blanche - 1915


James Clarke Hook (1819–1907), Young Dreams - 1887