mercredi 31 août 2016

Gustave Flaubert (1821-1880), Lettre à Camille Lemonnier, 3 juin 1878.

Monsieur, et trop aimable confrère,
Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt votre travail sur Courbet. C’est ça ; ce qui veut dire que je pense absolument comme vous.
Un mot profond m’a fait rêver : « Il n’a pas eu la peur sacrée de la Forme. » Rien de plus juste. - Et c’est pourquoi cet habile homme n’était pas des plus grands. Ce qui me déplaît en lui c’est le côté charlatan. Du reste, je n’aime les doctrinaires d’aucune espèce. À bas les Pions !
Loin de moi ceux qui se prétendent réalistes, naturalistes, impressionnistes. Tas de farceurs, moins de paroles et plus d’œuvres !
Je repousse, cher Monsieur, l’exagération de vos éloges, mais j’accepte l’assurance de votre sympathie - vous serre la main cordialement, et suis votre

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