mardi 9 août 2016

Mario de Sa-Carneiro (1890-1916), Séparation (Juillet 1915)

Que l’on m’extirpe l’Or et le Clair de Lune,
Que l’on déchire mes toges d’astres –
Que l’on brise l’onyx et l’albâtre
De mon refus à m’égaler moi-même.

Seul, que fais-je sur la grande Place
Que mon orgueil a délimitée –
Statue, ascension de ce que je ne suis pas,
Profil prolixe, mais en quelle menace ?...

… Et le soleil… ah, le soleil du couchant,
Perturbation du terne et de l’Empire –
La solitude d’un ermitage
Dans l’impatience d’un retard…

Le cavalier qui s’en fut
Jamais ne revint, jamais ne donna de nouvelles –
Si belles furent les prémices,
Et puis l’anneau ne scella que le deuil…

La grande fête annoncée
Parmi les fastes et les heaumes princiers
Se déroula seulement
Parmi les glapissements et les singeries…

Soif de Rose et de bras nus
Qui expira en troubles et nausées…
– Quel gaspillage, ô mes élans,
Misère, quel épouvantail, ma croix.

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