mardi 13 septembre 2016

Henri Charles Read (1857-1876), Je crois que Dieu...

Je crois que Dieu, quand je suis né,
Pour moi n’a pas fait de dépense,
Et que le coeur qu’il m’a donné
Etait bien vieux, dès mon enfance.

Par économie, il logea
Dans ma juvénile poitrine
Un coeur ayant servi déjà,
Un coeur flétri, tout en ruine.

Il a subi mille combats,
Il est couvert de meurtrissures,
Et cependant je ne sais pas
D’où lui viennent tant de blessures :

Il a les souvenirs lointains
De cent passions que j’ignore,
Flammes mortes, rêves éteints,
Soleils disparus dès l’aurore.

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