dimanche 11 septembre 2016

Walt Whitman (1819-1892), Chant de moi-même (extrait).

Je me célèbre moi,
Et mes vérités seront tes vérités,
Car tout atome qui m’appartient t’appartient aussi à toi.
Je paresse et invite mon âme,
Je me penche et paresse à mon aise... tout à la contemplation d’un brin d’herbe d’été.
Maisons et pièces regorgent de mille parfums ... les étagères débordent de parfums,
J’en respire moi-même l’arôme, je le connais et je l’aime,
Cette quintessence pourrait m’enivrer à mon tour, mais je saurai lui résister.
L’air n’est pas un parfum ... il n’a pas goût de cette quintessence... il est inodore,
Il s’offre éternellement à ma bouche ... j’en suis épris,
Je veux aller sur le talus près du bois, j’ôterai mon déguisement et me mettrai nu,
Je brûle de sentir son contact.
La buée de mon propre souffle,
Échos, clapotis et murmures feutrés ... racine d’amour, fil de soie, fourche et vigne,
Mon expiration et mon inspiration... les battements de mon cœur ... le passage du sang et de l’air dans mes poumons,
L’odeur des feuilles vertes et des feuilles sèches, du rivage et des rochers sombres de la mer, du foin dans la grange,
Le son des mots éructés par ma voix ... mots livrés aux tourbillons du vent,
Des baisers à la dérobade ... quelques étreintes ... des bras qui enlacent,
Le jeu de la lumière et de l’ombre sur les arbres aux branches souples qui ondulent...

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