mardi 11 octobre 2016

Renée Vivien (1877-1909), Le Sang des Fleurs.

Le soir s’attriste encor de ses clartés éteintes.
Des rêves ont troublé l’air pâle et languissant,
Et chantant leurs amours, les pâtres, en passant,
Écrasent lourdement les frêles hyacinthes.

L’herbe est pourpre et semblable à des champs de combats
Sous le rouge d’un ciel aux tons de cornaline,
Et le sang de la fleur assombrit la colline.
Le soleil pitoyable agonise là-bas.

Sans aspirer la paix des divines campagnes,
Je songe avec ferveur, et mon cœur inquiet
Porte le léger deuil et le léger regret
De la muette mort des fleurs sur les montagnes.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire