mardi 24 janvier 2017

Mikhaïl Lermontov (1814-1841), Les Nuages (1840)

Pèlerins gris du ciel, ô fraternels nuages,
par la steppe d'azur vous fuyez d'un vol lent.
Exilés comme moi, votre éternel voyage
vous entraîne du Nord vers le Midi brûlant.

Qui donc vous chasse ainsi ? Répondez; est-ce haine,
secrète jalousie, ou destins ennemis ?
Ou malédiction de quelque faute ancienne ?
Ou lâche trahison de quelques faux amis ?

Non ! Ce n'est que l'ennui des plaines infécondes...
Ni deuil, ni passion dans votre éther subtil :
éternellement froids et libres, par le monde
vous errez sans patrie et fuyez sans exil.

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