mercredi 3 mai 2017

Paul Claudel (1868-1955), Le Sombre Mai.

Les princesses au yeux de chevreuil passaient
À cheval sur les chemins entre les bois.
Dans les forêts sombres chassaient
Les meutes aux sourds abois.

Dans les branches s’étaient pris leurs cheveux fins,
Des feuilles étaient collées sur leurs visages.
Elles écartaient les branches avec leurs mains,
elles regardaient autour avec des yeux sauvages.

Reines des bois où chante l’oiseau du hêtre
Et où traîne le jour livide,
Levez vos yeux, levez vos têtes,
Vos jeunes têtes humides !

Hélas je suis trop petit pour que vous m’aimiez,
Ô mes amies, charmantes Princesses du soir !
Vous écoutiez le chant des ramiers,
Vous me regardiez sans me voir.

Courez ! les abois des meutes s’élèvent !
Et les lourds nuages roulent.
Courez ! la poussière des routes s’élève !
Les sombres feuillées roulent.

Le ruisseau est bien loin. le troupeau bêlent.
Je cours, je pleure.
Les nuages aux montagnes se mêlent.
La pluie tombe sur les forêts de six heures.

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