lundi 31 juillet 2017

Adrien Henri Tanoux (1865-1923), Nymphes de la Forêt.


Harold Hitchcock (1914-2009), The Island of Merlin - 1983


Harold Hitchcock (1914-2009), The Dream of Gerontius - 1980


Harold Hitchcock (1914-2009), The Angelus.


Gioacchino Pagliei (1852–1896), Les Naïades - 1881


Marie Felix Hippolyte-Lucas (1854-1925), Beauté en Rose.


Ferdinand Leeke (1859 - 1923), Senta, le Hollandais et Daland, illustration pour "Der Fliegende Hollander".


Ferdinand Leeke (1859 - 1923), Procession dans le Bois.


Ferdinand Leeke (1859 - 1923), Elsa von Brabant & Lohengrin, Illustration pour "Lohengrin" (Acte III) de Richard Wagner.


Ferdinand Leeke (1859-1937), Alberich & les Filles du Rhin, Illustration pour "Das Rheingold", Scène I


Ferdinand Leeke (1859 - 1923), Elsa von Brabant & Lohengrin, Illustration pour "Lohengrin" (Acte III) de Richard Wagner - 1917


Ferdinand Leeke (1859 - 1923), Sieglinde, Siegmund & Hunding, Illustration pour "Die Walküre" (Acte I) de Richard Wagner.


Ferdinand Leeke (1859-1937), Achille avec la Reine des Amazones, Penthesilea, mourante - 1923


Ferdinand Leeke (1859-1937), La Fuite des Nymphes - 1923


Alfred De Musset (1810-1857), Sur une Morte.

Elle était belle, si la Nuit 
Qui dort dans la sombre chapelle 
Où Michel-Ange a fait son lit, 
Immobile, peut être belle. 

Elle était bonne, s’il suffit 
Qu’en passant la main s’ouvre et donne, 
Sans que Dieu n’ait rien vu, rien dit, 
Si l’or sans pitié fait l’aumône. 

Elle pensait, si le vain bruit 
D’une voix douce et cadencée, 
Comme le ruisseau qui gémit, 
Peut faire croire à la pensée. 

Elle priait, si deux beaux yeux, 
Tantôt s’attachant à la terre, 
Tantôt se levant vers les cieux, 
Peuvent s’appeler la Prière. 

Elle aurait souri, si la fleur 
Qui ne s’est point épanouie 
Pouvait s’ouvrir à la fraîcheur 
Du vent qui passe et qui l’oublie. 

Elle aurait pleuré, si sa main 
Sur son coeur froidement posée 
Eût jamais, dans l’argile humain, 
Senti la céleste rosée. 

Elle aurait aimé, si l’orgueil, 
Pareil à la lampe inutile 
Qu’on allume près d’un cercueil, 
N’eût veillé sur son coeur stérile. 

Elle est morte, et n’a point vécu. 
Elle faisait semblant de vivre. 
De ses mains est tombé le livre 
Dans lequel elle n’a rien lu.

Ferdinand Leeke (1859-1937), Gudrun.


Ferdinand Leeke (1859-1937), Siegfried (détail).


Ferdinand Leeke (1859-1937), Un Raid Viking - 1901


Richard von Schaukal (1874-1942), Le Cimetière au Soleil.

Au-dessus du gazon où reposent les morts, pas très profondément enfouis dans leur solitude, le Temps aveugle plane et, miroitant, s'arrête, comme font les papillons enivrés de lumière.
P
armi le bourdonnement qui s'enfle en bruit assourdissant, il se pose un instant délivré - goutte de miel qui, dorée, hésite, puis tombe du bord de l'éternité.

William Stott of Oldham (1857-1900), Queen Iseult - 1891


William Stott of Oldham (1857-1900), The Ferry - 1882


William Stott of Oldham (1857-1900), Autumn - 1898


William Stott of Oldham (1857-1900), Venus Born of the Sea Foam - 1887


dimanche 30 juillet 2017

Anton Bruckner (1824-1896), Adagio du Quintette à Cordes en fa majeur (1878/79) - Stefan Hempel & Kammerorchester der Hochschule für Musik und Theater Rostock.

Kenyon C. Cox (1856-1919), The Education of Cupid - 1917


Maurice de Vlaminck (1876-1958), Paysage.


Allan Clark (1896-1950), Parvati.


Arthur Bowen Davies (1862-1928), A Mighty Forest - Maenads - 1905


Ludolfs Liberts (1895-1959), Place de Clichy, Paris.


Vittorio Reggianini (1858-1938), Sirènes.


Ludolfs Liberts (1895-1959), La Seine, Paris.


Ludolfs Liberts (1895-1959), Boulevard Haussmann à la Nuit, Paris.


Lettre de Fernando Pessoa (1888-1935) à Mario de Sa-Carneiro - 14 mars 1916.

Je vous écris aujourd’hui, poussé par un besoin sentimental — un désir aigu et douloureux de vous parler. Comme on peut le déduire facilement, je n’ai rien à vous dire. Seulement ceci — que je me trouve aujourd’hui au fond d’une dépression sans fond. L’absurdité de l’expression parlera pour moi.

Je suis dans un de ces jours où je n’ai jamais eu d’avenir. Il n’y a qu’un présent immobile, encerclé d’un mur d’angoisse. La rive d’en face du fleuve n’est jamais, puisqu’elle se trouve en face, la rive de ce côté-ci ; c’est là toute la raison de mes souffrances. Il est des bateaux qui aborderont à bien des ports, mais aucun n’abordera à celui où la vie cesse de faire souffrir, et il n’est pas de quai où l’on puisse oublier. Tout cela s’est passé voici bien longtemps, mais ma tristesse est plus ancienne encore.

En ces jours de l’âme comme celui que je vis aujourd’hui, je sens, avec toute la conscience de mon corps, combien je suis l’enfant douloureux malmené par la vie. On m’a mis dans un coin, d’où j’entends les autres jouer. Je sens dans mes mains le jouet cassé qu’on m’a donné, ironiquement, un jouet de fer-blanc. Aujourd’hui 14 mars, à neuf heures dix du soir, voilà toute la saveur de ma vie.

Dans le jardin que j’aperçois, par les fenêtres silencieuses de mon incarcération, on a lancé toutes les balançoires par-dessus les branches, d’où elles pendent maintenant ; elles sont enroulées tout là-haut ; ainsi l’idée d’une fuite imaginaire ne peut même pas s’aider des balançoires, pour me faire passer le temps.

Tel est plus ou moins, mais sans style, mon état d’âme en ce moment. Je suis comme La Veilleuse du Marin, les yeux me brûlent d’avoir pensé à pleurer. La vie me fait mal à petit bruit, à petites gorgées, par les interstices. Tout cela est imprimé en caractères tout petits, dans un livre dont la brochure se défait déjà.

Si ce n’était à vous, mon ami, que j’écris en ce moment, il me faudrait jurer que cette lettre est sincère, et que toutes ces choses, reliées historiquement entre elles, sont sorties spontanément de ce que je me sens vivre. Mais vous sentirez bien que cette tragédie irreprésentable est d’une réalité à couper au couteau — toute pleine d’ici et de maintenant, et qu’elle se passe dans mon âme comme le vert monte dans les feuilles.

Voilà pourquoi le Prince ne régna point. Cette phrase est totalement absurde. Mais je sens en ce moment que les phrases absurdes donnent une intense envie de pleurer.

Il se peut fort bien, si je ne mets pas demain cette lettre au courrier, que je la relise et que je m’attarde à la recopier à la machine pour inclure certains de ses traits et de ses expressions dans mon Livre de l’intranquillité. Mais cela n’enlèvera rien à la sincérité avec laquelle je l’écris, ni à la douloureuse inévitabilité avec laquelle je la ressens.

Voilà donc les dernières nouvelles. Il y a aussi l’état de guerre avec l’Allemagne, mais, déjà bien avant cela, la douleur faisait souffrir. De l’autre côté de la vie, ce doit être la légende d’une caricature quelconque.

Cela n’est pas vraiment la folie, mais la folie doit procurer un abandon à cela même dont on souffre, un plaisir, astucieusement savouré, des cahots de l’âme — peu différents de ceux que j’éprouve maintenant.

Sentir — de quelle couleur cela peut-il être ?

Je vous serre contre moi mille et mille fois, vôtre, toujours vôtre.

Fernando Pessoa

P.S. J’ai écrit cette lettre d’un seul jet. En la relisant, je vois que, décidément, je la recopierai demain, avant de vous l’envoyer. J’ai bien rarement décrit aussi complètement mon psychisme, avec toutes ses facettes affectives et intellectuelles, avec toute son hystéroneurasthénie fondamentale, avec tous ces carrefours et intersections dans la conscience de soi-même qui sont sa caractéristique si marquante…

Vous trouvez que j’ai raison, n’est-ce pas ?

Yukio Mishima (1925-1970), Yūkoku (Rites d'Amour et de Mort) avec Yukio Mishima (Lieutenant Shinji Takeyama), Yoshiko Tsuruoka (Reiko, Femme du Lieutenant) - 1965.

Harold Hitchcock (1914-2009), Protective Angels - 1977


Harold Hitchcock (1914-2009), The Forest of Oriale - 1943


Charles de Sousy Ricketts (1866-1931), Orpheus and Eurydice - 1905/07


Oskar Brüch (1869-1943), Saint Georges - 1911


Ludwig van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°6 "Pastorale" (1808), transcription de Franz Liszt - Cyprien Katsaris (piano).

Cyprian Kamil Norwid (1821-1883), Seule.


Charles de Sousy Ricketts (1866-1931), Siegfried et l'Oiseau Magique - 1930


Charles de Sousy Ricketts (1866-1931), Salomé.


Charles de Sousy Ricketts (1866-1931), Don Juan - 1911


François-Léon Sicard (1862-1934), Oedipe et le Sphinx.


François-Xavier Fabre (1766-1837), Oedipe et le Sphinx - 1806/08.


samedi 29 juillet 2017

Filippo Albacini (1777-1858), Achille mourant - 1854


Franz Wilhelm Schiertz (1813-1887), Paysage du Spitzberg, Norvège - 1879


Franz Wilhelm Schiertz (1813-1887), Nuit d'été à Smeerenburg, Norvège.


Franz Wilhelm Schiertz (1813-1887), Coucher de Soleil sur le Fjord - 1869


Legh Mulhall Kilpin (1853-1919), Harvest Time.


Glauco Cambon (1875-1930), Clair de Lune - 1917


Sophus Jacobsen (1833-1912), Eglise dans un Paysage Hivernal.


Sophus Jacobsen (1833-1912), La Baie au Clair de Lune.